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Castelnou et Serrabona

La visite commence par l’église Santa Maria del Mercadal (Sainte-Marie du Marché), dont le nom fait référence au marché médiéval qui se tenait autrefois à proximité. Construite avec la pierre locale, cette église est caractéristique de l’art roman en Roussillon. Son portail conserve ses vantaux en chêne, ornés de ferronnerie. À l’intérieur, l’église abrite trois chapelles décorées de retables.

La visite se poursuit dans le village, jusqu’au four à pain situé carrer del Mig. Les maisons possèdent souvent plusieurs accès ouvrant sur deux, voire trois ruelles. On y remarque leurs génoises et leurs façades décorées au lait de chaux de motifs géométriques, qui servaient sans doute à protéger les habitants du mauvais sort. Nous pouvons observer de très nombreux boulets de pierre. ils témoignent des sièges que le village dut subir, notamment celui du roi de Majorque en 1286.

Nous nous dirigeons ensuite vers le château vicomtal, construit vers 988-990. Munis d’un audioguide et d’un plan, nous découvrons ses différentes salles et leurs expositions permanentes ou temporaires : armures, mobilier, costumes, peintures et sculptures. Depuis la terrasse panoramique, la vue s’étend largement sur les environs. Enfin, dans le parc, nous longeons les remparts du château en empruntant un sentier botanique où se mêlent de nombreuses essences méditerranéennes.

L’après-midi est consacrée à la visite guidée du prieuré de Serrabona. L’édifice construit en schiste est situé à 600 mètres d’altitude, dans une zone, autrefois cultivée et habitée, appelée Serra Bona – « la bonne montagne ». Le prieuré apparaît pour la première fois dans les textes au XIᵉ siècle. À l’aide d’une maquette, le guide nous explique les différentes étapes de sa construction et met en lumière deux éléments architecturaux majeurs : le cloître et la tribune-jubé.

Le cloître ne comprend qu’une seule travée. Ses six arcades, ornées de quatre paires de colonnes jumelées, s’ouvrent sur le ravin voisin. Mais la véritable particularité de ce cloître réside dans la remarquable qualité des sculptures de ses chapiteaux.

La tribune-jubé est l’élément majeur du prieuré. Elle servait à séparer le chœur liturgique, où se réunissaient les chanoines, de la partie de la nef réservée aux fidèles. Son décor, exceptionnellement bien conservé, présente des chapiteaux tous différents. Les motifs végétaux y dominent : fleurs à quatre pétales, feuilles d’acanthe, frises de rinceaux. On y découvre également des animaux fantastiques – lions, griffons ou monstres dévorants.

Le jubé, en marbre rose, est aujourd’hui considéré comme l’un des exemples les plus remarquables de la sculpture catalane de l’époque romane.